27 juin 2007
Tout est relatif.

Maintenant que je suis de retour au bercail depuis une semaine, je commence à me mettre un peu à la page au niveau de qu’est-ce qui s’est passé en France quand j’étais pas là.
Il faut dire que pendant quatre mois, j’ai cru que le monde tournait autour du départ de Tony Blair, de la disparition de Maddy et de l’otage de la BBC. Mais surtout SURTOUT de l’incroyable et fabuleuse vie de Victoria Beckham, alias Posh Spice, qui fait la Une d’au moins un quotidien par jour, soit parce qu’elle a des problèmes de peau, soit parce qu’elle a lancé la première balle dans un match de base ball, soit parce qu’elle s’est cassé la gueule avec ses petites chaussures à talon Prada nouvelle collection Printemps-été 2007. Fascinant. Et puis aussi surtout SURTOUT SURTOUT de Emily, participante de Big Brother qui a osé prononcer le mot « niggar » face à une noire, déclanchant alors une sorte de cataclysme social Outre-Manche. Oh my God, so chocking ! [Faudrait leur dire que nous en France, on a des responsables politiques qui traitent les harkis de sous-hommes et que ça fait aucun débat à la télé.]
J’apprends qu’en France, on n’en a rien à battre de tout ça. On a même pas parlé du déménagement des Becks à Los Angeles, ni même du lancement de la marque « Kate Moss loves TopShop ». Honteux.
Donc je débarque et constate qu’on peut plus faire confiance à personne, que je m’absente quelques mois et que ça y est, c’est la Foire du Trône : le premier ministre change de Gouvernement comme de chemise ; l’assemblée a bien failli devenir d’un bleu azur et uniforme assez flippant pour la démocratie ; Ségolène et François, le fin d’une histoire d’intérêt politique d’amour ; Benjamin Castaldi nous ressert le loft ; et qu’est-ce que j’oublies d’autres attendez voir …
Ah oui.
C’est vrai.
Maintenant, notre Président, c’est Sarkozy.
Ben oui, vous pouvez bien dire ce que vous voulez, mais c’est que moi, c’est seulement maintenant que je le réalise. Là-bas, ça a certainement quelque chose à voir avec la distance, la douleur fût moins grande. J’ai dû être un peu dégoûtée, et me faire une « cup of tea », comme font tous les anglais quand le monde s’écroule autour d’eux, juste avant de recracher parce que j’avais oublié que j’aimais pas le thé en fait.
Mais, en débarquant, je constate aussi qu’il y a apparemment quelque chose d’autre dont je suis vraiment passée à côté. Un phénomène national qui a séduit, non pas 53% des français mais la totalité du pays, qui a embrasé des foules entières et crée panique et hystérie sur son passage pendant quatre mois. Oui, le truc dont je suis passée à côté, ce n’est pas de notre Nouveau Président … c’est de notre Nouvelle Star, j’ai nommé : Julien. Ah, moi c’est simple, la première chose dont on m’a parlé quand j’ai effleuré le sol de la France, c’est de ce « surdoué, artiste habité qui a relooké l’émission, tellement génial, oh et puis sa version de Lolita tellement inspirée et grandiose ». Même mon père a voté pour lui, faut quand même le faire, non ? ( Et j’te préviens tout de suite : tu doutes ne serait-ce qu’un dixième de seconde dans tes pensées de l’intelligence et de la lucidité de mon père, j’te pète ta gueule direct.)
Oh, ça va, hein, fait pas style tu connais pas ce mec parce que « gnagna, je regarde pas … gna gna grosse daube … émission de merde gnagna … pour les ados qui savent pas ce que c’est les vrais chanteurs … société de consommation gnagnagna». Pas de ça entre nous, silteplé.
J’apprécie néanmoins ton effort de solidarité devant ma frustration de ne pas avoir vécu ce mouvement de cohésion nationale. Mais non.
Bref, remise à niveau oblige, je m’intéresse au phénomène. J’apprends entre temps que ce fameux Julien a un tatouage Jean d’Ormesson : je me dis qu’il devient en effet de plus en plus intéressant. Heureusement qu’il y a Utube. Effectivement, le type est complètement barré. Il a même un iukulele (mais j’oublie que je ne t’apprend rien). On se demande ce qu’il fout là, en fait. Et ça, j’aime. Ce serait du gâchis que le tampon « Nouvelle Star » l’empêche d’être respecté. Parce qu’on se souvient d’une autre artiste, pourtant très prometteuse, à qui la griffe « Star Academy » a causé bien du tort. Je pense bien évidemment à la brillante Magalie Vaé. Si tu connais pas, pas de panique surtout : ça veut juste dire que tu es une personne normale. Moi même par exemple (et on ne peut pas vraiment dire que je sois normale) et ben j’ai quand même dû aller consulter notre ami Google pour mettre un nom sur le truc.
Bon donc Julien, même s’il a du talent et un tatouage Jean d’Ormesson, faut pas exagérer non plus : il n’arrivera jamais, mais JAMAIS vous m’entendez, à la cheville de …
Muse au Parc des Princes. (pardi)

Non mais parce que je te rappelle que j’ai dû louper un week end au Furou et des pintes d’essence pour ce concert, tu te doutais quand même bien que j’allais vous en parler, non mais. Par contre, je ne dirais rien de plus là-dessus. Je me suis en effet interdit d’essayer de trouver un mot qui qualifierai la chose comme il se doit. Ils sont tous beaucoup trop faibles. C’est te dire. (Ou pas te dire en fait hein).
20 juin 2007
Clic clac. Merci kodak.

[Note d’avant propos : warning, note longue ! Je sais que tu n’aimes pas ça, va, je te connais maintenant. Mais comme ça faisait deux semaines que j’avais pas posté, je me suis dit que pourrais couper ce post en deux. Yen a un que tu pourras lire la semaine dernière et un pour cette semaine. Et mon absence passe ni vue ni connue j’t’embrouille.]
Ton pote qui revient de voyage, tu le connais. Il est même de plus en plus nombreux. Parce que c’est la grosse mode, en ce moment, de partir plus ou moins loin. Et de revenir. Et c’est les mêmes phrases qui reviennent, toujours les mêmes clichés qui te sont servis. Des trucs qui, en fait, tapent plus ou moins sur le système à la longue.
Ben aujourd’hui, bonne nouvelle : ton pote de retour, c’est moi !
« C’était trop bien »
Premier truc que ton pote qui rentre de voyage te dis. Kiffer son voyage, c’est la base. Sinon, c’est que t’as rien compris. Alors, d’accord, c’est un peu court comme résumé. Oui mais toi aussi, qu’est-ce que tu attends exactement que ton pote te réponde quand tu lui demande : « Alors ?? C’était comment ?? » Je suppose que tu t’attends pas non plus à ce monologue de deux heures et quart, dissertation en deux parties où il te sort le pour et le contre, le tout étayé d’arguments et illustré d’exemples. … bah voilà …
« J’avais pas envie de repartir »
Deuxième règle de base dans le voyage. Règle que, je te le dis tout de suite, je ne valide qu’à moitié. Disons que moi, j’avais plutôt pas du tout envie de partir mais quand même vachement envie de rentrer. Ca t’embrouille ? Ben bienvenue dans mon cerveau mon pote ! C’est pour ça, bon, c’était tellement confus tout ça … ben j’ai chialé quand même quoi.
« C’est passé tellement vite »
Rends toi compte que, au bout d’un moment, j’en étais venue à être presque convaincue que ces putain de pendules britanniques tournaient plus vite que les nôtres. Et ça marche aussi avec les calendriers. Je pars en mars et voilà qu’au bout de trois semaines, on était déjà presque en juin. Et me dis pas que le japonais de Heroes qui courbe l’espace-temps y est pour quelque chose, je suis pas complètement abrutie non plus. Nan, je sais très bien que c’est encore un coup des rosbifs. Ils croient avoir le monopole du temps qui passe, tout ça parce qu’ils possèdent l’horloge la plus connue du monde mais ça va pas se passer comme ça.
« Je suis parfaitement bilingue, now. »
Yeah, of course, attends. Finger in ze nose, l’english maintenant. Je surf entre les mots, rebondis sur les traductions, les barrières linguistiques ne sont plus un problème pour moi. Enfin, disons que je parle une langue, ça c’est sûr. Ce n’est pas du français, ça c’est sûr aussi. Quand à savoir si c’est vraiment le vrai anglais, celui de Shakespeare, je veux dire, ça c’est moins sûr. Par exemple, je topeupe ma Oyster, du verbe topeuper, je topeupe, tu topeupes. Je check ma payslip et j’enjoy mon day off. … Si … tu as bien compris : maintenant, je suis bilingue français/anglais/jean-claude Van damne.
« J’ai tellement appris sur moua »
Force est de constater que cette phrase-là fait plus ou moins crédible selon les circonstances. Je veux bien comprendre que ton pote qui a passé un an en humanitaire au Népal a appris beaucoup de choses utiles sur lui. Par exemple, qu’il est capable de ne pas manger pendant 7 jours ou encore qu’il supporte pas trop la vue du sang sur fracture ouverte opérée dans la boue. Mais partir kiffer la vaïbe à London, tu comprendras aisément que le but n’était pas non plus de découvrir ce genre de chose. Mais j’ai quand même appris tout un tas d’autres trucs intéressants, regardes : que je suis capable d’insulter mon proprio quand il me dit qu’il ne me rendra pas ma caution, que je peux survivre pendant quatre mois dans une maison non fumeur et dans une ville où les pubs ferment à 23h, que j’aime les Jelly Belly et que j’aime pas la Marmite. Oh ça va hein, je sais que ça a tout de suite moins de gueule que les aventures de ton pote à Koh Lanta mais sois un peu compréhensif toi aussi. C’est que je débute en matière de voyage tu vois.
« Et tous ces souvenirs, toutes ces rencontres … »
Ca, il faut bien avouer que, par rapport à un individu qui vit en milieu normal, le pote voyageur a au moins ça pour lui : il sait qu’il est là pour une période définie, dons courte, donc il profite. Et profiter, ça donne forcément des souvenirs plein la tête + des souvenirs plein la carte mémoire de l’appareil photo + des souvenirs plein les bricoles qu’il a collecté pendant son séjour. Et des contacts msn multipliés par le tiers parce qu’on s’est promis que « we keep in touch, hein ». Avec tout ça, il se rappellera pour sûr de comment « c’était trop bien ». Et depuis, souvent, il commence ses phrases par : « Ca me rappelle une fois, au stage d’été … » et « Même que une fois au stage d’été … »
« J’ai l’impression d’avoir mûri ».
Si travailler 50h par semaine, 6 et des fois 7 jours sur 7, douze heures par jour avec 20 minutes de pause, même avec une double otite et une double conjonctivite, et si savoir exactement à partir de combien de pubs sans manger on commence à avoir la tête qui tourne, c’est mûrir, alors oui, j’ai vachement mûri. Mais sinon, j’ai aussi un principe dans la vie : c’est de pas trop mûrir non plus. Jamais. Ya pas de voyage qui tienne. Parce que j’te ferai signaler que la suite de la maturation, c’est la pourriture. Donc moi, j’ai décidé de rester jeune et con. C’est bien aussi, jeune et con.
« Je vais remettre ça ».
Conclusion logique de tout ce qui précède. Obviously, j’ai envie de te dire. (Oui, parce que j’aime bien placer « obviously », « basically » et « actually » dans une phrase pour faire genre chui « fluent ».) C’est aussi une règle de base dans le voyage. Et je n’y ai pas échappé. J’ai choppé la bougeotte. Le monde est à nous, merde, ce serait quand même con de ne pas en profiter maintenant. Pour tout te dire, je suis même déjà entrain de planifier mon prochain voyage. Beaucoup plus loin, beaucoup plus compliqué mais beaucoup mieux aussi. La destination est encore tenue secrète jusqu’à ce que les choses soient un peu plus certaines. Car je ne suis moi-même même pas certaine d’y croire encore tout à fait …
12 juin 2007
Jelly Belly Land.

Nan parce qu’il fallait quand même que je vous raconte un truc avant que je m’arrache de ce pays. Alors, je te préviens tout de suite : c’est pas anglais. C’est américain. Et en plus, j’apprends qu’on en trouve aussi aux Galeries Lafayette VO. Chiotte. Mais je les ai découvert, ici, moi. Chez TopShop, puis chez Hamley’s, puis chez Harrod’s et Selfridges. Ils sont partout. Ils sont bons. Ils sont sucrés. Et ils font partie intégrante de ma vie depuis trois mois.
Ils sont …
Les Jelly Belly.
Un Jelly Belly est un bonbon en forme de haricot. Et c’est 1 cm carré de bonheur garanti. De toutes les couleurs et de tous les parfums. C’est le cas de le dire : yen a une soixantaine. C’est-à-dire que pour orange par exemple (tout à fait au hasard … putain d’orange de merde), tu as orange normale, mais aussi sorbet à l’orange, mandarine et orange amère. Ma première expérience jellybellienne m’a tellement déboîté le cerveau que pour éviter de faire des choix trop impossibles qui auraient encore compliqué ma vie, j’ai dû tous les prendre.
Et il faut savoir que le Jelly Belly repousse toutes les limites en matière de parfums. Ils t’ont crée la « guimauve grillée », « soda à la vanille », « cheese cake aux fraises ». Ils ont peur de rien. C’est passionnant de voir tout ce quand on maîtrise l’art de la physique chimie et quand on sait comment manipuler une fiole de permanganate de potassium. Ils te reproduisent même la cuite que tu vas te prendre avec une poignée de Jelly Belly saveur « pina colada » et une poignée de « margarita », suivie d’une autre de « punch des îles ».
Fantastique. On vient de trouver la nouvelle nourriture de l’espace du troisième millénaire, ça, c’est moi qui te le dis. Regardes le parfum « pop corn beurré » par exemple. Trop pratique pour faire le malin au ciné, devant tous ces blaireaux et leur bidon de pop corn de un mètre cube sur les genoux qui leur empêche de voir une partie du profil de Johnny Depp. Bandes de ringardosses.
Mais le monde du JellyBelly ne s’arrête pas là. Il existe aussi les « recettes Jelly Belly ». Quand je te disais que c’était le nouveau repas intergalactique, tu vois bien que je raconte pas toujours que des conneries non plus. On prend un exemple : quand ils te disent te mélanger dans ta bouche deux Jelly Belly « cappuccino » + un Jelly Belly « chocolate puuding » + un Jelly Belly « cream soda », à ton avis tu obtiens quoi ? Je sais, à ton avis tu obtiens un espèce de gloubiboulga imbouffable, se rapprochant plus de la merde que d’autre chose. Surtout si c’est américain d’ailleurs. Et ben non, tu te trompes. Ma-parole-la-têtàmamère que t’es entrain de manger un tiramisu. Et si tu me crois pas t’as qu’à essayer de par toi-même. Et toi aussi, le Jelly Belly deviendra ta nouvelle passion dans la vie.
Je sais ce que tu vas me dire. Etant donné que tu vas savoir dans une seconde que c’est certainement le dernier post que j’écris en direct de London, je sais ce que tu vas me dire. Que c’est un peu lourdingue d’écrire un truc sur les Jelly Belly juste avant de partir (ou lourdingue tout court d’ailleurs). Alors que tu t’attendais, toi, à la mélodie de la mélancolie et à du chialage dans les chaumières, avec retours en arrière, meilleurs moments et tout le bastringue. Et voilà que l’autre conne te colle un texte qui parle de bouffe. Un truc américain en plus. N’importe quoi.
Ce à quoi je te rétorquerai illico que :
- Petita : Ta gueule. Oui, c’est ça. En premier lieu, ta gueule.
- Petitbé : Tu sauras que, en Angleterre, la bouffe devient très rapidement une obsession. Je rigole pas, j’en ai vraiment souffert. Donc quand tu trouves enfin un truc bon, tu as le droit de lui rendre hommage avec un post. Tu as même le droit de le transformer en culte et d’ériger des monuments à sa gloire, situ veux.
- Petitcé : Le texte « capture photo » de Londres, je te l’ai servi ya pas longtemps, il est encore tout chaud et peut être re-consommé sans modération. Et le texte sur la fille qui a trop appris grâce à son voyage et qui maintenant connaît absolument tout de la vie, tu vas l’avoir aussi. Tu peux d’ores et déjà commencé à te réjouir : il est prévu.
N’empêche, s’il pouvait exister un Jelly Belly saveur Bagel bacon grillé/cream cheese, ça pourrait faire une résumé culinaire sympa de mon séjour au pays des rosbifs.
03 juin 2007
Ah oui parce que j’avais oublié de vous dire …

… mais Londres, c’est beau aussi.
Parce que mis à part le système de santé, la formation sur les bagels, la Reine d’Angleterre, le spam, big ben et le métro qui marche pas, tout ça tout ça, tu trouves toujours le moyen de te faire un pique nique entre potes sur le bord de la Tamise
au soleil couchant. Même que tu peux en faire une photo tellement ça fait romantique. Même que tu attends que le double-decker passe sur le pont parce que comme ça après, tu pourras dire à tout le monde que « c’est moi qui l’ai fait, c’est pas la carte postale ».
Tu peux aussi aller au marché de Camden t’acheter des seins qui clignotent, des T-shirts improbables, une Rolex à 5 euros, un bang rose et jaune fluo, des Doc Marteen’s en peau de léopard et avoir envie de te faire un piercing sous la lèvre sauf que t’as un peu peur que ça s’infecte avec l’été et la mer salée qui arrivent (baltringue).
Tu peux aller à TopShop avec ton ami homosexuel enfiler toutes les perruques et autres lunettes violettes en forme de cœur, essayer tout ce qu’il y a de plus anglais dans les quatre étages du magasin (et te faire remballer parce que non, t’as pas de zizi donc tu rentres pas dans les cabines hommes avec ton pote, on t’as dit. Même s’il est homo, depuis quand c’est une excuse ?)
En continuant sur Oxford Street, tu fais un détour par Beard Papa’s, la chaîne japonaise qui fait des énormes choux à la crème à tous les parfums. Et tu te prends la boîte XXL avec tous les parfums. Obviously.
Et tu tournes à gauche à Regent’s Street et tu passes devant Hamley’s, un des plus grands magasins de jouets du monde. Sept étages. Et comme tu t’appelles Milou, et ben tu rentres et tu ressors pas. Tu t’éblouis devant la girafe en peluche de 5 mètres (et 3500€), la fabrique d’ours en peluche, le vaisseau de Dark Vador en Lego, le petit robot en démonstration qui vient te grignoter la jambe. Tu embrasses le Furby géant et tu imites l’immense superman qui surplombe le magasin, accroché au plafond. Et les bonbons, ah les bonbons … !
Tu te perds dans les rues de Soho, et tu déniches ce petit magasin de perles où il te prend soudain l’envie de fabriquer tes propres colliers et bracelets parce que « oh, elle est belle celle-là, oh et puis celle-là aussi, han et regardes, ça, ça irait vachement bien avec ça, et je pourrais en rajouter deux, trois comme ça ! ». Résultats : une bonne centaine de perles achetées et un collier toujours pas fait.
Le soir au Dirty Martini de Covent Garden, à baver devant ce barman qui fait des trucs improbables avec son corps et son shaker et qui te mets une fleur dans ton coktail. Il se la pète mais nom d’un chien, ce qu’il est beau. Ou au pub du coin avec tes colocs italiens, ton pote polonais et ta collègue tchèque, tu rencontres des brésiliens, juste après être allée au ciné voir un film espagnol sous-titré en anglais, expérience mystique.
Arpenter les couloirs de chez Harrod’s et faire semblant d’avoir assez de fric pour leur acheter leur téléphone portable sertie de diamants qu’ils te vendent …merde, putain, combien ? Et finalement craquer et claquer le quart de ta paye pour un goûter chez Ladurée. Te convaincre que tu l’as mérité, ton macaron au caramel salé. Et celui à la rose aussi. Et puis celui au citron aussi.
Te programmer d’aller à se super festival au Victoria’s Park, avec concerts, expo d’art et feux d’artifices. En slip slap et débardeur rayé, tu sens déjà l’odeur du barbecue et de la crème à bronzer.
… Et puis finalement annuler pour cause de pluie à torrent comme ils savent bien faire ici, ajoutée à un tout petit 7 degrés de température à la fin du mois de mai.
Ah, et puis comme t’es à Londres, tu peux te régaler avec toutes les actions clichées que tu peux faire aussi. Genre embrasser la ville entière en haut du London Eye et la bombarder de photos (moi entrain d’écarter les bras sur le London Eye, moi entrain de faire un grimace sur le London Eye, moi couchée dans la cabine du London Eye). Entrer dans les musées comme dans un moulin (et chiper des oranges). Savourer un café sur la place de Covent Garden devant le spectacle de rue d’un fou en kilt, debout sur un monocycle de 10 mètres de haut entrain de jongler avec des sabres. Se faire courser par les pigeons de Trafalgar Square. Apprécier un English Breakfast à Borough Market avant d’aller bosser. Se prendre en photo dans la cabine rouge, devant les écrans publicitaires de Picadilly et devant la Mini Cooper peinte aux couleurs de l’Union Jack. Jouer les espions devant le MI6, donner à manger aux écureuils de Hyde Park, ballade ensoleillée dans le rues de Notting Hill et Litte Venice (Putain, mais qui c’est qui peut se payer des baraques comme ça ??!!)
Et dans cette catégorie-là, moi j’ai un rêve :
Faire rire un garde de Buckingam Palace. Des idées pour que ça se réalise ?