21 avril 2007
Milou, racontes-moi une histoire.

Milou reprend du service pour raconter sa vie. Toujours plus loin. Toujours plus haut. Toujours plus fort. Oh oui, faites pas semblant de pas être intéressés, je vous ai vu, là, tous, à me demander des détails sur ma vie.
« Milou, raconte-nous comment tu t’es auto-virée de ta colocation »
Je crois que l’élément déclencheur, ça a été quand le responsable de la colocation s’est ramené en nous disant que désormais, on allait devoir lui payer 4 euros par nuit et par personne lorsqu’on invitait des potes à dormir pour « la gêne occasionnée ». Motif : c’est comme ça. La veille de la venue de mon frère, suivez mon regard, tout en douceur. Classe. Légère ambiance à la maison. C’est quand mon pote et le responsable en question se sont foutus sur la gueule qu’on s’est dit qu’il fallait mieux dégager de là. Je passe évidemment sur moultes détails parce que ça m’énerve, ça me démange. Ca doit être mon allergie aux cons qui me reprend.
Maintenant j’habite une charmante petite auberge espagnole. Ya des pakistanais dedans, des français, des italiens, d’autres on sait pas encore ce qu’ils sont parce qu’on les a pas encore vu. Bref, on est douze, c’est sympa en heure de pointe dans la salle de bain. Ici, on peut claquer les portes après 9 heures du soir si on veut, on peut aussi laisser son verre dans l’évier sans avoir de remarque, on peut même rentrer tard le soir en faisant du bruit. Je re-découvre ma liberté, l’impression d’être chez moi. C’est incroyable tout ce qu’on peut faire quand on est chez soi !
« Milou, racontes-nous si t’as eu Sciences Po, au fait ? »
Alors bon. Je pense pas t’apprendre grand-chose si je te dis que non, j’ai pas eu Sciences Po non. Pas de surprise. Pas de malentendu. Jean-claude Dus est un looser de toutes manières. 7,5 en journalisme. 10 en réflexion personnelle. 4,5 en anglais. Ca se voit pas forcément tout de suite au premier coup d’œil mais les notes sont sur 20, hein. Pour tout vous dire, je sais même pas si ça m’est déjà arrivé d’avoir autant de cartons en vingt ans de scolarité. Mais c’est Sciences Po aussi, c’est différent de la dictée de CE1 de Madame Chambonnet. Et je m’étais préparé seulement pendant deux mois, là où d’autres se prennent un an. Ben oui quoi ? Si je me trouve pas des excuses, ya personne d’autres qui va le faire à ma place. (Et je peux continuer, regardes) A ce stade là, si tu veux, autant entrer dans la logique concours et savoir où je me situe par rapport au 3 200 autres candidats. Parce que j’eusse ouïe dire que la moyenne en anglais été de 6 et que un 20, une fois traduit en langage Sciences Po, ça faisait 12. Ca voudrait dire que chui pas trop à la ramasse encore. Tout est question de relativisme dans la vie. Et puis, chui sûre que yen a qui ont eu 3 en anglais d’abord. NA.
« Milou, racontes-nous ton travail »
Alors voyons voir. Parce que je te connais par cœur toi maintenant. Tu en veux toujours plus, tu voudrais toujours tout savoir sur le zizi mais quand l’histoire devient trop longue, ben ya plus personne pour lire. Oh, ça va hein, si tu crois que c’est la première fois qu’on me la fait celle-là. Je suis pas née de la dernière pluie mon grand (Pense-bête : ressortir cette expression de temps en temps, aime bien). Bref, t’as compris où c’est que je voulais en viendre : c’est fini pour aujourd’hui.
Fais pas la gueule, tu vas voir, ça va être rigolo. Check this out, babe : le but du jeu est de trouver quel boulot je fais depuis maintenant un mois. Et faut donner le réponse avant le prochain post sinon ça compte pas. Ca veut dire que normalement, à l’allure où vont les choses en ce moment, t’as un peu encore le temps quand même. Et comme je te sais joueur cher ami, je sais qu’il va te falloir du gain et de l’indice.
Cadeau : celui ou celle qui trouve ou qui se rapproche le plus de trouver mon boulot gagne la carte postale la plus kitsch qui ne lui aura jamais été donné de contempler de SA VIE (et attention, ici, on est en Angleterre, royaume où le kitsch prend tout de suite une autre dimension) (Oh, ça va, hein, pas de commentaire sur la valeur du cadeau. Tu sais très bien que si je t’avais dit que tu gagnais le nouvel Ipod Shuffle, tu m’aurais pas cru et t’aurais pas venu).
Indice : tu vois le journalisme ? Ben c’est pas ça.
PS : Ceux qui savent (potes et autres membres de la famille) sont priés de fermer leur gueule. Non, sans dec’, c’est chiant les gens qui gâchent toujours tout comme ça … Pensez un peu à la personne que je vais rendre heureuse avec mon fabuleux cadeau, merde.
08 avril 2007
Nos amis les anglais. Episode 3.

That’s logic. That’s english. Et mon cul, c’est du poulet aussi. La preuve par trois… que non !
Big ben, c’est pas Big Ben.
Alors ça, c’est tout simplement, « basicly » comme ils disent, la plus grande arnaque du siècle. Parce qu’il s’agit quand même de THE symbole de la ville, non ? Enfin chépa moi, quand tu penses Londres, tu vois quoi, monumentalement parlant ? Tu vois Big Ben. Et quand tu vois Big Ben, tu vois quoi ? Et ben tu vois la tour de Westminster, la toute belle, là, avec l’horloge, celle qui est dans Peter Pan. Nan mais rassurez-moi, on est d’accord là ? Parce qu’après, je vais encore avoir l’air d’une buse grâce à vous. On est d’accord que depuis la nuit des temps, toi comme moi, comme ta cousine, ton voisin ou ton garagiste, tu es absolument certain que Big Ben, c’est la tour de Westminster. Bon . Et ben non. NON j’te dis, c’est tout, tu discutes pas. Big Ben, c’est pas le nom de la tour comme tout le monde t’as dit. Big Ben, c’est le nom de la cloche qui est dans la tour et qui ta fracasse les oreilles tous les quarts d’heure parce que toutes les heures c’était pas assez. En dehors du fait qu’il faut quand même être déjà bien atteint pour donner un nom à une cloche, je trouve ça moche moi, de prendre les touristes pour des canards sauvages, en entretenant une légende urbaine avec complaisance. Rem-bour-sez ! Parce que c’est sûr que, tout de suite, ça aurait beaucoup moins de succès d’avoir une cloche, comme symbole national. (enfin, je veux dire DEUX cloches, du coup : une avec une couronne, et une sans).
A londres, ya pas d’anglais.
A Paris, ya des français. A Madrid, ya des espagnols. A Tokyo, ya des japonais. Bref, si tu suis logiquement le concept des capitales du monde, tu en déduis qu’à Londres, tu vas pouvoir rencontrer des anglais. Des british, des vrais. Des qui ont un parapluie dans leur sac, toujours une vanne bizarre sous le coude, des qui kiffent la panse de brebis farcie et la gelée vert fluo. Dans le cul la balayette ! Les vrais anglais made in England, les organics-with-nothing-else-inside doivent se cacher dans les souterrains, c’est pas possible autrement. Des lettons, des indiens, des polonais, des portugais, des italiens, des français, des tchèques, des slovaques, des estoniens et que sais-je encore ? Ah, ça oui, j’ai rencontré largement de quoi concurrencer mon pote espagnol et son auberge. J’me plains pas : le multiculturalimze, j’adore. C’est fun, c’est john-fashion-london, on échange, on partage, on speak tous une langue universelle. L’emmerdant, c’est que c’est pas de l’anglais. Ca se rapprocherait plus du langage de la vache à mon pote espagnol, justement.
Milou, c’est pas Milou.
Celle-là, c’est la p’tite dernière pour la route, la spéciale dédicace pour moi. (Oui, je m’auto-dédicace et alors ?) Parce que quelle ne fût pas ma surprise quand je découvrît que je ne m’appelais point Milou dans ces terres (putain, c’est classe comme phrase, ça … avec des vrais mots et tout …) Bon, sans dec’, chui tombée sur le cul quand j’ai vu ça ! Parce que Milou, avant d’être un surnom à la con, c’est surtout le chien de Tintin, j’te ferai dire, si t’avais pas encore remarqué. Mais Milou, aussi, ça veut rien dire du tout en fait. Et du coup, c’est comme les cris d’animaux en onomatopées : ça change avec les langues. Magique ! Et tadaaaam : … maintenant, tu peux m’appeler…
… Snowy. Et nan, j’habite pas chez mes parents.
Et info de derniere minute qui a rien a voir : j'ai pas internet pendant une semaine. Et c'est un peu la merde pour moi en ce moment ici. Donc vous attendez pas non plus a ce que je sois super active sur ma toile ou la votre pendant ce laps de temps. See you quand j'aurais re-trouve un logement !
02 avril 2007
Nos amis les anglais. Episode 2.

Aujourd’hui : les transports en commun.
Et je ne t’apprends rien si je te dis que les anglais partent déjà avec d’importants handicaps dans la vie à ce niveau-là.
Premièrement, ils ont rien trouvé d’autre pour se faire remarquer que de rouler dans le sens inverse que la plupart des habitants de cette planète, avec le volant de l’autre côté. Très drôle. Surtout pour ceux qui ne viennent pas de leur île et qui ont par conséquent manqué de se faire faucher la jambe droite une bonne dizaine de fois par un taxi en furie. Mais nous nous devons tout de même de leur reconnaître leur pointe de compassion envers ceux qui ne sont pas comme eux, soit le reste du monde. C'est-à-dire que sur les passages cloutés, ils t’écrivent carrément « look left » ou « look right ». Sympa. Enfin pour ceux qui ne confondent pas « left » et « right » en anglais. Et qui ne confondent pas universellement leur droite de leur gauche. Autant vous dire tout de suite que moi, ça me fait une belle jambe – droite manquant de se faire faucher une bonne dizaine de fois par un taxi en furie.
Deuxièmement, les bus anglais rouge à deux étages tu les connais aussi. Ceux que t’as en porte-clé, en mug, en porte-manteau et en balai-chiotte. Ceux qui sont sur la carte postale que t’as envoyé à ta mémé quand t’es parti visiter Londres. Mais t’apprendras qu’il faut jamais se fier aux apparences. Même si les bus londoniens ont l’air super sympas tout droit sortis d’un dessin animé de Walt Disney, ben c’est autant la merde que dans n’importe quelle capitale. T’en as une bonne centaine qui sillonne la capitale, en long, en large et en diagonale. Le problème, c’est que tu sais jamais où. Ni quand. Tu sais qu’il faut que tu prennes le 44 pour rentrer chez toi mais ça fait une heure et demie que t’attends la nuit sous la pluie et dans le vent, t’as vu passer tous les numéros sauf celui-là. T’apprends le lendemain qu’il a été annulé. Bon. Pour cette fois, passons sur le fait que ça tombe bien évidemment toujours sur moi. Par contre dorénavant, tu seras gentil de me prévenir AVANT au sujet de l’annulation, tu vois.
Et «last but not least » (‘tain comment je speak so well l’english maintenant, t’as vu ?) : le metro londonien. The tub. Alors, oui, je suis d’accord, à priori, un métro, c’est un métro, hein. Tu repères ton arrêt, tu choppes ta ligne, ta direction, tu laisses sortir les gens avant de te ruer dedans de peur de pas avoir de place assise, tu laisses ta place assise à une femme qui te fais croire qu’elle est enceinte, et en avant. Et ben, ici, c’est exactement la même chose … sans être exactement la même chose. Le truc qui te frappe, quand t’arrives, c’est combien la machine elle te demande pour un ticket journée : 7 pounds. Attends deux secondes que je fasse mon calcul (parce que putain, c’est pas pratique en plus, ta monnaie) : 7 divisé par 2 égal 3,5 plus 7 égal 10,5 … Quoi ??? 10,5 euros ?! fois 6,5 égal … 65 balles pour une journée de métro !! Putain mais je fais pas un Paris-Marseille (bon j’exagères un peu, on est d’accord. Mais je fais ce que je veux d’abord) moi, là, t’as pas compris. Je vais juste à Leicester Square. Et en plus, si vous croyez que ça marche comme dans toutes les villes, c'est-à-dire, qu’il existe un abonnement au mois avec tarifs préférentiels, ben vous vous fourrez le doigt dans l’œil. Que neni.
Et avec ça, ils se payent le culot de te « disturb » ta ligne pour un oui ou pour un non, genre t’as que la moitié du trafic qui est assuré aux heures paires des jours impairs, de te dire en plein milieu de ton trajet que, surprise, le métro, finalement, s’arrête à la prochaine station. Ben oui mais non. C’est comme ça. Tu descends et tu attends. Tu poses pas de question. C’est ça le plus étrange là-dedans : les londoniens ne posent pas de question. Ils payent la peau du cul un transport qui marche pas. Et c’est normal. Des fois, la dame elle demande aux passagers qui sont dans les rames de queue et de tête de se déplacer au centre du train parce que leurs portes ne s’ouvriront pas sur le quai mais sur un mur. Et c’est normal.
Le moment que je préfère, c’est quand la même dame te dit de « mind the gap between the train and the platform ». Déjà, je t’avertis tout de suite que si tu sais pas ce que c’est qu’un « gap », tu risques éventuellement ta vie. Et si t’as compris, tu te dis que bon, un trou : normal quoi. Comme quand dans les autres villes, la dame, elle te dit de « attention à la marche en descendant du train », que c’est une marche de tafiole et que si elle te l’avais pas dit, au pire tu te serais un peu cassé la gueule mais rien de méchant. Sauf que là non. Le « gap » en question, c’est plus un trou, c’est carrément un ravin le truc. Même Maïté elle passe à travers sans dec’. Ben ouais mais après, tu fais moins la maline du coup. Quand t’entends « Mind the gap », ton cœur commence un peu à battre plus fort. Tu vois Koh Lanta ? Pareil. Et c’est normal.
Non mais c’est normal ou pas à la fin ?