28 novembre 2006
Si j’étais … une petite souris.

« Rhaaaa, je donnerais n’importe quoi pour être une petite souris et voir comment il va lui dire ça ! »Beaucoup de gens disent ça. C’est très commun. Pourtant, se transformer en petite souris, c’est à peu près aussi probable que la semaine des 4 jeudis, les 36 du mois ou ton papy en string léopard qu’il aurait piqué à un lion au hasard. Et soyons clairs : si ça arrange bien des gens pour meubler des conversations un peu vides, personne ne voudrait réellement voir ça.
Mais par contre, moi, j’ai une rubrique dans mon blog qui me permet de devenir n’importe qui, n’importe quoi, si je le désire. Très pratique, surtout dans ce genre de situations. (Comment ça « non » ?)
Alors admettons : je donne n’importe quoi. Ma langue au chat par exemple, ou mon cahier de français de quand j’étais en CE2.
Pfouf ! Je me change en petite souris.
Je choisis la couleur blanche. Parce gris, c’est moche. Noir, c’est pas trop à la mode en ce moment et verte, chui dans la merde à cause de cet abruti qui me colle au train depuis des années pour me tremper dans l’huile et me transformer en escargot, ce qui ruinerait mes plans.
Une p’tite souris blanche, genre Stuart Little, ça le fait grave. J’aurais mon propre lit en boîte de sardines et mon porte-manteau en allumettes : je suis trop le bogosse des souris.
Mon activité principale consiste à chiper du gruyère mais je me rends finalement compte qu’il est assez rare qu’un bout de gruyère se balade au bout du couloir ou que le frigo reste ouvert, avec le fromage à la portée de mes minuscules petites pattes, et un joli nœud de papier cadeau autour. Donc, même si j’ai un peu la dalle, je me reporte sur ce pourquoi mon expression originale a été crée : écouter aux portes voir « comment il va lui dire ça ».
Là, postée dans mon coin (avec mon lit-boîte de sardines et mon porte manteau-allumette), j’apprends que le type en question vient du ruiner toutes ses chances de remporter le tournoi du plus gros mangeur de choucroute car son médecin lui a ordonné de suivre un régime sans cholestérol. Fort intéressant. En écoutant une conversation téléphonique donnée derrière une porte frappée d’un sens interdit, j’entends que l’ado de la maison vient de se faire un tatouage en forme d’aiglon au niveau de l’aine gauche et « ma mère me tuerait si elle l’apprendrait ». Haha, mais je SUIS ta mère et crois-moi, cela n’a rien à voir avec un mauvais remake de StarWars, si ce n’est le coup de sabre laser que je vais te payer pour m’effacer cette horreur. Au hasard d’autres couloirs, je choppe le fiston entrain de chanter « macho macho man, i wanna be a macho man » en se trémoussant sous la douche. Je me dis que le coming out, c’est pour bientôt.
Mais quand même : tout ça me fait une sacrée belle jambe après tout. Pourquoi j’ai voulu être une petite souris déjà ? Je commence à déprimer et vouloir reprendre ma forme d’être humain qui ne connaît pas les détails que personne ne veut que je sache et c’est bien mieux comme ça puisque je m’en cogne complètement.
Surtout qu’entre temps, j’ai découvert un jeu bien plus amusant que de rester planquée à écouter aux portes : faire des apparitions régulières au beau milieu d’un pièce pleine de monde, dans une réception c’est encore mieux. Sur mon passage, comme par enchantement, toutes les jolies dames avec des brushings et des talons grimpent sur les tables en agitant les bras et en poussant des petits cris. Je suis fière, je reprends confiance en moi.
25 novembre 2006
Mode d’emploi pour une lettre de motivation.

L’entête.
Pour vraiment bien faire, il faudrait mettre en premier : « lis jusqu’au bout connard, avant de me jeter à la poubelle » mais je suis pas sûre que « connard » soit un argument très convaincant.
En haut, à gauche, on doit mettre nos coordonnées et à droite, les coordonnées de l’entreprise pour laquelle on postule. Ce qui est totalement débile puisque nos coordonnées sont déjà inscrites sur notre cv (joint) et que, normalement, le type à qui on envoie la lettre connaît l’adresse et le numéro de tel de là où il bosse. Je pense que cette partie a été conçue uniquement pour piéger ceux qui ont un modèle type et qui oublieraient de changer l’adresse du destinataire. Je l’ai testé pour vous : c’est grillé à vie. Rideau.
Ensuite, on doit mettre la date et le lieu. Très important ça. Surtout le lieu. Parce que, que vous écriviez cette lettre depuis Paris, Tombouctou ou dans votre bain, ça change toute la donne, voyez.
Suivi d’un Madââââme, Môôôôsieur. Le tout doit être centré pour que le mec, l’espace d’un instant, sente que le monde, dont il est le centre, tourne autour de lui. Par contre mais nous quand on signe, c’est tout en bas dans un coin pour pas trop qu’on voit.
Le paragraphe de présentation.
Ici, en deux trois lignes, on explique ce que veulent dire les pompeux acronymes de notre école et de notre formation. Et puis, on dit au type pourquoi on lui écrit, c’est-à-dire pour intégrer son équipe, des fois qu’il aurait pas compris qu’en général, la lettre qui accompagne un CV est précisément envoyée dans ce seul but et que ce n’est ni pour prendre de ses nouvelles, ni pour savoir si sa femme s’est remise de sa dernière liposuccion.
S’en suit le corps de la lettre avec, comme il se doit, le paragraphe de lèche-cul cire-pompe bien comme il faut et tout et tout, suivi du paragraphe j’me la pète à mort parce que chui le meilleur et j’y crois à donf. La tout ponctué d’envolées lyriques parfaitement maîtrisées et d’une mauvaise foi nuancée selon les circonstances. Chacun ses phrases chics et ses mots chocs. Pas de règles là-dessus. On peut mentir comme un arracheur de dents (qui rayent le parquet) car il y a fort peu de chance que le mec fasse partie de la DGSE. Et de toute façon, vu la réputation des lettres de motivation, même si on est honnête et réellement motivé, notre discours va se noyer dans le flux artistique des faux-culs.
Donc voilà, on y est : votre entreprise est exceptionnelle mais je me sens complètement à la hauteur. Je suis l’homme qui est la femme de la situation et … mais … attendez que je vérifie dans mon agenda … comme vous avez de la chance ! Il se trouve que, par le plus grand des hasards, je suis disponible en ce moment ! Youhou ! On pourrait fêter ça … par exemple en m’employant, non ?! … non ?
La formule de courtoisie.
Là- dessus, on quitte la madâââme ou le môôôôsieur sur un formidable élan de mauvaise foi dans le genre « je me permettrais de vous contacter la semaine prochaine et vous prie de croire en l’expression de mes salutations distinguées ». Ce qui, dans le langage courant donne « Allé, j’te laisse, on s’appelle, on s’fait une bouffe ! A plus dans l’bus, cocotte ! »
Puis signature en bas à droite comme il se doit et pour lui rappeler une troisième fois comment on s’appelle. « Enregistrer sous », mail, « envoyer » et roule ma poule ! Normalement, le mec ne rappelle jamais ou vous envoie une lettre de refus avec autant de mauvaise foi que l’on a employé pour écrire la nôtre. On l’a bien cherché. Ou alors, le jackpot : l’entretien. Peut être que si vous êtes sages, je vous ferai part dans les jours prochains de mes petites astuces pour ne pas trop foirer.
22 novembre 2006
Don’t worry : Milou is watching you.
Quand les comiques disent qu’ils puisent leur inspiration dans la vie de tous les jours, ça ne m’étonne pas. Nos rues, supermarchés, transports en communs et files d’attente en tout genre sont des immenses laboratoires de l’humanité. 
Et une de mes grandes passions dans la vie, c’est de reluquer les gens. Mais je crois que je le fais avec respect. Je dis « je crois » parce que je me rends bien compte que les mots « reluquer » et « respect » ne sont pas spécialement compatibles entre eux. Et que la limite entre observation ludique, indiscrétion et voyeurisme est un peu mince.
Qu’à cela ne tienne, je ne peux pas m’en empêcher. Le spectacle de la vie de tous les jours est trop bon pour que je m’en prive à cause de raisons politiquement correctes. Et ça ne veut pas non plus dire que je m’emmerde tellement dans le vie que je trouve rien de mieux à faire que de m’immiscer dans celles des autres, le temps d’un passage à la caisse ou d’un croisement dans la rue.
Je crois que je reluque les gens parce que je les aime, c’est tout. J’aime voir combien ils se ressemblent, combien ils peuvent me surprendre ou comme ils sont prévisibles. J’aime voir que le type que je ne sentais pas dans la file d’attente à la poste est effectivement un chieur de première. J’aime voir que la pimbêche dans la rue qui vient allègrement de me marcher sur le pied sans s’excuser se prendre le talon dans la bouche d’égout quelques mètres plus loin. J’aime déduire qu’un type à la caisse du supermarché qui achète des pizzas et des bières va passer une bonne soirée entre potes parce que je viens de me rappeler qu’il y a un match ce soir à la télé. J’aime pouvoir aider une mamie qui vient de glisser sur une merde de chien à se relever. J’aime noter ces gestes d’impatience, de contenance ou d’exaspération qui se ressemblent tous. J’aime me poster devant une porte où il y a écrit « tirez » mais que chacun s’acharne à pousser. J’aime pouvoir dire discrètement à un ami qui s’apprête à passer un oral important que sa braguette est ouverte. J’aime détecter ce sourire de la fille en tailleur tiré, pochette avec CV qui dépasse, qui a sûrement dû décrocher l’emploi de sa vie. J’aime entendre les excuses que les fraudeurs imaginent pour échapper à l’amende. J’aime sentir le cœur qui bat de ce gars qui vient de recevoir un texto que l’on devine enflammé. J’aime surprendre un gendre idéal se curer le nez, croyant bêtement que personne ne peut le voir puisqu’il est dans sa bagnole. J’aime attendre pour voir combien de temps va mettre ce type pour dire à pépé qu’il vient de lui passer devant et que merde, il a qu’à faire la queue comme tout le monde aussi.
On est tous pareils : « L’autre, c’est moi ». Tous les mêmes réactions, les mêmes réflexes. Bien sûr, c’est un peu réducteur mais j’aime bien l’idée qu’un PDG d’entreprise peut lui aussi se prendre un fiente de pigeon sur la moumoute et que ce genre de mésaventures n’arrivent pas exclusivement aux spécimens de Bridget Jones ou de Suzanne Myer genre moi.
J’aime tellement observer les gens que je voulais en faire un bouquin. Oui, j’avais eu l’idée d’écrire une suite de nouvelles romancées ou j’aurais pris des gens au hasard dans la rue et, en fonction de ce que je pouvais entrevoir, de ce qu’ils voulaient bien montrer et de ce qu’ils croyaient cacher d’eux, leur inventer une vie, un passé, un présent un futur. Je savais que je pouvais raconter ça avec tact, évitant tout procès de voyeurisme ou de jugement en fonction des apparences. Car ce n’était pas de ça dont il s’agissait. J’en veux pour preuve : je me serai certainement inclue dedans. Oui, je voulais faire ça. J’attendais simplement d’être moins occupée par mes études pour pouvoir m’y consacrer pleinement. Entre temps, Anna Gavalda a sorti un bouquin intitulé «Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part », où elle fait exactement ça. Ironie.
17 novembre 2006
Une femme : oui ! Mais pas n’importe laquelle !

Attention, je m’apprête à faire un truc dont vous n’avez pas l’habitude : je vais parler politique. J’ai bien conscience que ça puisse faire peur, la politique. Rien que le mot, déjà, il est prise de tête. On pense tout de suite à d’interminables débats avec ces mots compliqués et des programmes où on va piger quedalle. Grave erreur ! En basculant dans ce cliché là, on tombe exactement dans le piège où les politiques veulent mener notre bout du nez. J’ai pris le parti de voir la politique comme un truc simple et sympa. Ca demande un gros effort en matière de vulgarisation. J’élague toutes les promesses qui ne seront pas tenues, les aspects relous des programmes qui ne concernent pas le quart des français, les mensonges, la drague ouverte, les mots barbares. Une fois chose faite, il ne reste plus grand-chose et je me penche alors sur ce qui m’intéresse le plus : la personnalité des candidats, leur degré de vice ou d’honnêteté (selon une règle générale en politique française, le premier est considérablement plus élevé que le deuxième). Quelle que soit leur couleur politique. Le jeu étant de voter pour la personnalité (et non le parti) en qui je fais le plus confiance. Notez que je n’ai pas dit « une confiance totale » mais « le plus confiance ». Cette nuance tout en relativisme est issue de la deuxième règle en matière d’élection française : On ne vote pas pour le meilleur des candidats mais pour le moins pire (si cette théorie vous intéresse, elle est expliquée ici).
Selon cette logique, j’ai reçu aujourd’hui, un coup de massue.
Attention ! Certains propos pouvant heurter la sensibilité des plus faibles d’entre nous, toute personne étant pour l’accès de Ségolène Royal à la Présidence sont priés de s’éloigner de leur écran.
Car, voyez-vous, pendant, ces trois derniers mois, doucement mais sûrement, je me suis mise à haïr Ségolène Royal. Pas parce qu’elle est du PS, je vous l’ai déjà dit, je n’ai pas de couleur politique. Pas parce que c’est une femme. Non, je la hais pour ce qu’elle est. Je la hais viscéralement, politiquement, personnellement, publiquement. Tout me débecte chez elle : son physique hautain, sou sourire suffisant, sa satisfaction déplacée, son incompétence, sa démagogie, sa position de victime, ses mensonges, sa méprise pour les français, ses dents qui rayent le parquet au sens propre comme au figuré. Curieusement, tout ce qui s’est jamais fait de plus gerbant jusqu’ici en en politique semble s’être incarné en une femme au physique innocent.
Oui, je prends la responsabilité de mes propos. Je sais que nous avons un lepen. Mais c’est un fait : Ségolène me fait bien plus peur que LePen. Car celui-là, voyez-vous, ne bernera jamais « que » 20% d’entre nous. Nous savons tous (enfin, au moins 80% d’entre nous) que ces idées sont tellement intolérables qu’il n’accèdera jamais à l’Elysée. Le 21 avril est une honte symbolique, rien de plus. Ce jour là, nous nous sommes pris en pleine gueule ce que nous savions déjà : il y a de plus en plus de racisme ouvertement assumé en France. Mais nous le savions déjà, n’est-ce pas, nous en sommes témoins au quotidien, lepen, n’en ai que l’incarnation. L’incarnation du Mal assumé. Mais il ne me fait pas peur. Et il ne me fera pas peur non plus s’il repasse en 2007. Car nous savons très bien que nous allons tous massivement voter pour celui d’en face. Non, il ne passera jamais. Il nous faut ça, à nous les français : une bonne claque dans la gueule, toucher le fond, pour enfin se réveiller et s’apercevoir qu’on a plus le choix, qu’on a tout gâché. Que l’on n’aura pas notre président à nous mais un président que l’on a choisi par défaut.
Ségolène Royal, elle, me fait vraiment peur. Je ne vais pas aller jusqu’à comparer ses idées avec celles du FN, ce serait grotesque. Ce ne sont pas ses idées qui me font peur, pas du tout. D’abord parce que je sais qu’elle ne pense pas un dixième de ce qu’elle dit et ensuite parce nous savons tous qu’elle n’en réalisera pas le dixième de ce dixième. Je ne la blâme pas pour ça car, à ce niveau, elle au moins aussi brillante que tous ces adversaires. Elle me fait peur pour ce qu’elle a réussi à faire : à berner 60% de ses militants, pourtant sensés être plus attentifs en politique que la plupart des français. Elle peut réussir à nous berner nous, naïfs français qui voudront, à l’image des militants, élire une femme pour montrer au monde entier l’illusion de l’évolution de la France en matière de parité. Elle a l’intelligence du vice : elle va jouer à fond sur cette prétendue « faiblesse » d’être une femme pour masquer ses lacunes, pourtant aussi visibles et destructrices qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Et les français ne vont rien voir venir, aveuglés par moultes tours de passe-passe dont on la sait capable. Pas ça, merde, pas elle.
Avec les dernières élections, on a déjà montré au monde entier qu’on avait une forte tendance facho, ne passons pas en plus pour des cons, cette fois. S’il vous plaît.
15 novembre 2006
Happy Birthday quand même.

Voilà. Il est minuit une. On est bons : personne va pouvoir me doubler sur ce coup. C’est que je voulais être la première à te fêter ton anniversaire petit Bazar de Milou. Ceci t’aura peut être échappé mais cela fait un an tout pile, tout poil, que tu as été conçu.
Foutez-vous pas de ma gueule, j’ai tout à fait le droit de souhaiter un bon anniversaire à mon blog. Comme les couples qui fêtent leurs anniversaires de rencontres, de mariage, puis celui de leurs enfants, de leurs amis, de leurs parents, de leurs frères et sœurs, de leurs chien, de leur maison. On souhaite des anniversaires aux entreprises, aux chaînes de télé, aux guerres et même aux émeutes alors pourquoi pas à un blog ?
Alors, selon les différentes options traditionnelles qui s’offrent à moi, j’ai le choix entre : faire un cadeau original, établir un bilan de l’activité, le repas de famille, être nostalgique du temps passé en racontant des anecdotes, sombrer dans le sentimentalisme avec un discours fédérateur, ressortir un best of, concocter une déclaration d’amour, payer mon coup ou le resto, inventer une nouveauté exclusive ou une promo pour l’occasion.
Pffffff …Rien de tout ça ne s’applique à mon concept d’anniversaire de blog, c’est nul. Et puis, ce qui m’embête aussi, c’est que je suis en plein dans une de ces périodes où l’inspiration ne vient pas. Pas d’idée. Ceux qui possèdent un blog doivent connaître ça. Ou ce sont des génies. Ou alors des myhtos.
J’attends … j’attends … fais gaffe, je suis pas patiente … Voilà, t’as gagné, j’attends plus, ça y est, je me barre. Saloperies d’idée à la con qui ne veut pas venir ! Me faire ça à moi ! Le jour où je suis sensée honorer l’anniversaire de mon blog ! Nan mais franchement, y’en a qui manque pas de culot, hein … des claques qui se perdent, oui … Et vous allez voir que toutes ces saletés d’idées vont revenir en pagaille dès demain, rien que pour me narguer.
Mes idées, je les connais bien maintenant. Elles n’aiment pas quand je vais les chercher trop loin. Quand je les force à venir à reculons, elles se déforment en un truc merdique, comme pour me dire : « t’as vu, on t’avait pourtant bien dit de pas venir nous chercher ici, hein. Nous, on était bien au chaud, on attendait d’être mûres pour sortir quand on voulaitet défrayer la chronique. Mais il a encore fallu que tu joues à la plus maline ! Résultat : on est que des embryons d’idées dont tu vas avoir honte toute ta vie. Bien fait pour toi, ça t’apprendra ! » Elles sont un brin autoritaires, limite dictatoriales (un comble pour des idées, dont l’expression est sensée garantir la démocratie).
Je ne sais pas si je suis victime de la tyrannie et de la propagande de mes idées. Toujours est-il que je n’aime pas les forcer. Je les laisse venir toutes seules. C’est mon principe, ma marque de fabrique. Ecrire pour écrire, c’est tout ce que je ne veux pas faire. Moi, (et vous avez eu normalement le temps de vous en rendre compte… en un an … n’est-ce pas …) j’écris pour me marrer, pour extérioriser. Sur tout et n’importe quoi, pourvu que ce ne soit pas calculé. Je choppe des idées au vol, dans le bazar de mon cerveau ou du monde qui m’entoure et je couche ça de manière spontanée. C’est de cette seule manière que j’arrive à écrire des trucs qui me conviennent.
Et puis, écrire sur le fait qu’on a pas d’idées, le jour du premier anniversaire de son blog, en plus : ben en fait, c’est une idée. Je le sais parce que si ça n’en était pas une, je n’aurais rien pu écrire (ou alors je viens d’écrire un truc mauvais comme le chou de Bruxelles, mais ça, je ne m’en rendrai compte qu’après… )
08 novembre 2006
Presse de Qualité Reconnue.
Avant de devenir reporter pour une chaîne de télévision comme mes quatre ans d’études et mon parcours stagiacale me le promettent, retours à mes premiers « amours » journalistiques. J’ai nommé : la presse régionale, la PQR dans le jargon, prononcez pécuère.
Marre de me prendre des vents dans la gueule par les entreprises que je vise, marre de répondre à des annonces fictives qui ont déjà fait fonctionner les pistons plein les ballons, pas envie de bouffer à tous les râteliers non plus sous prétexte que je suis jeune diplômée et donc forcément grosse conne prête à se faire presser comme un citron et en disant « merci » et « silvouplé » en plus : je me casse de Paris un moment, histoire de piger pour un journal local bien de chez nous (de la Haute-loire donc). « Piger », pas du verbe « comprendre », hein. Non, du verbe « écrire des articles en dilettante très tôt le matin ou très tard le soir quand aucun permanent ne veut se farcir le truc ». Ce « métier » diront nous comporte l’inconvénient majeur d’être payée des cacahuètes au lance-pierre mais l’avantage non moins majeur de pouvoir se casser puis revenir, puis se re-casser, puis re-revenir quand bon nous semble.
Un compromis pas mal du tout dans ma situation actuelle c’est-à-dire sûre de rien mais sur le qui vive du « on sait jamais ».
La pécuère, je trouve ça fantastique. Les seuls canards qui peuvent faire de Yvonne, tricoteuse de patchwork, la star de son village. Le truc qu’on lit en disant « tiens t’as vu, ya Papy Mougeot en photo ! » ou « Han merde ! La biblio est fermée mardi ». C’est le journal de Pernault en pire : tout simplement génial.
Tenez, j’en prends un au hasard et vous fait part de quelques-uns de ces fabuleux articles :
- En couverture : la foire aux champignons de Saint-Bonnet-le-Froid, avec son évènement hors du commun : la tarte à la châtaigne géante. Et un si joli jeu de mots en titre : « Saint-Bonnet …en cèpes ! » Mouaha.
- Un éclairage sur « Que sont les contrats de repousse des poulains ? » (parce que c’est vrai, mais nom d’un chien qu’est-ce que c’est que cette merde ?)
- La trente-troisième édition de la fameuse soupe aux choux de Bouzols.
- La remise des tenues de compétitions au club de boulistes de Rosières.
- Ah ! Et un titre qui fleure bon l’article de qualité : « Ambiance musette au thé dansant des anciens combattants ». Parce que dans un journal local, il y a forcément une info sur les viocs et forcément un compte-rendu de bal musette. Ben, pof là ! Les deux en même temps dis-donc !
Et je n’ai rien inventé, foi de journaliste ! Okay, j’ai fait ma petite sélection pour vous servir le meilleur. Pour l’objectivité, vous repasserez plus tard mais c’est un blog, m’en fous, fais c’que j’veux d’abord.
Mais c’est vrai qu’il y a AUSSI des choses intéressantes dans la pécuère. Si j’en juge par les piges que l’ont me donne en ce moment. De toutes façons, moi, les sujets merdiques, j’adore aussi, sans aucune mauvaise foi. Bien sûr que je préfèrerais filmer et raconter un évènement vraiment important qui concerne la France entière, ce que je ferai un jour, personne n’en doute. (Vous inquiétez pas, je suis pas dans une crise de prétention prétentieuse aigue. J’ai juste adopté la thérapie de « je fais genre j’ai confiance en moi comme ça peut être qu’un jour, ce sera vraiment le cas »).
En attendant, ben, « C’est l’jeu ma pauv’ Lucette » comme dirait l’autre. Je fais toujours un truc qui s’appelle du journalisme, c’est le principal. C’est peut être pas glorieux mais l’essence du métier, celle que j’aime, est toujours là : rencontres éclectiques, contact et écriture. Ca me donne au moins l’occasion de me marrer et de boire du pinard avec Papy Mougeot. Et puis, comme ça, je peux établir une sorte de liste d’articles insolites dont on peut être sûr qu’ils sont de moi parce que je n’irai jamais inventer des machins pareils.
Mon « top of the pop » à moi ? « Le départ à la retraite du chef boucher du centre commercial de Géant Vals-près-le-Puy » (quand je vous disais que je pouvais pas l’inventer).
Ha ! Et puis aussi, en cadeau, une image qui m’accompagne depuis maintenant deux bons mois. Elle m’interpelle pour me dire : « Non, Milou, tu n’es pas une bonne à rien, regardes : le milieu est tellement bouché que quelqu’un s’est même amusé à le parodier, comme si c’était un véritable phénomène qui ne te frappes pas uniquement toi mais plein d’autres aussi». Je sais toujours pas si c’est une bonne nouvelle mais :

06 novembre 2006
Tatatâââââm !

C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme. Moi, la mer, elle m’a pris, je m’souviens un lundi.
Victoire ! J’ai bravé les vagues et le vent, affronté la mer tel un valeureux capitaine et j’ai vaincu : j’ai eu mon permis bateau ! Haha
Euh … Ahem…en fait, j’ai passé une épreuve sous un soleil radieux au beau milieu d’un bassin d’Arcachon aussi calme que mon ancien prof de philo mais c’était laborieux quand même donc j’estime avoir le droit d’en tirer une certaine fierté.
Laborieux donc oui, c’est vrai. Il faut d’abord se farcir un code complètement abstrait pour nous puisqu’on a jamais navigué auparavant et donc que forcément, les balises tribord sur lesquelles on doit venir à gauche seulement quand on rentre au port (nan parce que quand on en sort, c’est l’inverse, voyez…) et autres cinquantaine de feux de nuit selon que le bateau en question soit un pêcheur entrain de hâler son chalut ou un navire handicapé par son tirant d’eau… Bref, tout ça ne nous parle pas beaucoup.
A tous ceux qui se demanderaient à quoi peut bien servir à une parisienne d’origine auvergnate d’avoir son permis bateau, je leur répondrai d’ailleurs que môa, maintenant, je sais quels sont les feux de nuit pour un navire handicapé par son tirant d’eau, et que même que je sais ce qu’est un tirant d’eau. Comme c’est le genre de thème qui revient plutôt souvent dans une conversation, j’y serai désormais « comme un poisson dans l’eau » (celui-là, vous l’avez pas volé tiens !)
Donc on a dit qu’avoir son permis bateau pouvait servir à être fière de ce qu’on vient d’accomplir et à enrichir son vocabulaire. L’autre truc utile, vous alliez me dire, c’est que ça sert à naviguer par exemple. Je vois d’ailleurs pas pourquoi j’y ai pas pensé plus tôt … Sans doute parce que je ne sais pas encore faire. Aussi étrange que cela puisse paraître, les exercices pratiques de conduite d’un bateau ne vous apprennent pas à naviguer mais simplement à avoir votre permis. Ce qui fait que une fois sur l’eau, vous savez pas comment garder un cap à plein gaz ni vous repérer sur une étendue d’eau pour, éventuellement, partir en excursion mais par contre, vous savez très bien faire l’exercice de « l’homme à la mer ».
« Ah nonon, je peux pas vous emmener pique niquer sur le banc d’Arguin, non. Mais vas-y, tombe dans l’eau, toi, là, au hasard, je vais tous vous montrer comment je vais bien le récupérer, on va bien se marrer. Si si, vas-y tombe, j’te dis ! »
Alors c’est sûr : il y en a pour qui la dizaine de minutes passées à la barre du bateau-école n’est qu’une formalité. Eux, c’est la classe direct, on dirait qu’ils ont fait ça toute leur vie. Autant vous dire que je ne suis bien évidemment pas de ceux-là.
Un instant, j’ai cru revivre la situation pour mon permis voiture lorsque mon moniteur, au bout de ma quarantième leçon de conduite, apprenant que le jour J était demain : « Ah merde, tu passes vraiment demain ? Bon, tant pis, je te prends en plus ce soir, ya pas vraiment le choix, là… » Sur l’eau, c’est le même sketch qui s’est reproduit avec un compatissant « tu vas revenir en plus dans le groupe de l’après-midi ». Ce qu’il y a de bien avec ce genre de répliques, c’est que ça donne vachement confiance en soi.
En conclusion, même si je me sens pas encore tout à fait prête pour conduire une croisière à la barre du Queen Mary II, je trouve ça vachement cool d’avoir le permis bateau et je suis bien fière de moi. Ca me donne une corde de plus à mon arc comme « on » dit. Mais, comme souvent, « on » dit des trucs très cons, j’ai envie de souligner le fait que ça sert vraiment à rien d’avoir plusieurs cordes à son arc. On a jamais vu un arc multi-cordes à ce que je saches.
Je préfèrerais donc employer la formule « désormais, je vais pouvoir naviguer dans toutes les eaux ». Cette dernière a l’avantage de vouloir dire pareil en moins con et d’être fort bien à propos.
« Dès que le vent soufflera, je repartira. Dès que les vents tourneront, nous nous en all’ront. »