Le baZar de Milou

En vrac, en lot, ou en morceau dans un sympathique capharnaüm. Faites votre choix entre les larmes, les éclats de rire, les coups de gueule, les calembours...

08 novembre 2006

Presse de Qualité Reconnue.

pqr

Avant de devenir reporter pour une chaîne de télévision comme mes quatre ans d’études et mon parcours stagiacale me le promettent, retours à mes premiers « amours » journalistiques. J’ai nommé : la presse régionale, la PQR dans le jargon, prononcez pécuère.

Marre de me prendre des vents dans la gueule par les entreprises que je vise, marre de répondre à des annonces fictives qui ont déjà fait fonctionner les pistons plein les ballons, pas envie de bouffer à tous les râteliers non plus sous prétexte que je suis jeune diplômée et donc forcément grosse conne prête à se faire presser comme un citron et en disant « merci » et « silvouplé » en plus : je me casse de Paris un moment, histoire de piger pour un journal local bien de chez nous (de la Haute-loire donc). « Piger », pas du verbe « comprendre », hein. Non, du verbe « écrire des articles en dilettante très tôt le matin ou très tard le soir quand aucun permanent ne veut se farcir le truc ». Ce « métier » diront nous comporte l’inconvénient majeur d’être payée des cacahuètes au lance-pierre mais l’avantage non moins majeur de pouvoir se casser puis revenir, puis se re-casser, puis re-revenir quand bon nous semble.

Un compromis pas mal du tout dans ma situation actuelle c’est-à-dire sûre de rien mais sur le qui vive du « on sait jamais ».

La pécuère, je trouve ça fantastique. Les seuls canards qui peuvent faire de Yvonne, tricoteuse de patchwork, la star de son village. Le truc qu’on lit en disant « tiens t’as vu, ya Papy Mougeot en photo ! » ou « Han merde ! La biblio est fermée mardi ». C’est le journal de Pernault en pire : tout simplement génial.

Tenez, j’en prends un au hasard et vous fait part de quelques-uns de ces fabuleux articles :

- En couverture : la foire aux champignons de Saint-Bonnet-le-Froid, avec son évènement hors du commun : la tarte à la châtaigne géante. Et un si joli jeu de mots en titre : « Saint-Bonnet …en cèpes ! » Mouaha.

- Un éclairage sur « Que sont les contrats de repousse des poulains ? » (parce que c’est vrai, mais nom d’un chien qu’est-ce que c’est que cette merde ?)

- La trente-troisième édition de la fameuse soupe aux choux de Bouzols.

- La remise des tenues de compétitions au club de boulistes de Rosières.

- Ah ! Et un titre qui fleure bon l’article de qualité : « Ambiance musette au thé dansant des anciens combattants ». Parce que dans un journal local, il y a forcément une info sur les viocs et forcément un compte-rendu de bal musette. Ben, pof là ! Les deux en même temps dis-donc !

Et je n’ai rien inventé, foi de journaliste ! Okay, j’ai fait ma petite sélection pour vous servir le meilleur. Pour l’objectivité, vous repasserez plus tard mais c’est un blog, m’en fous, fais c’que j’veux d’abord.

Mais c’est vrai qu’il y a AUSSI des choses intéressantes dans la pécuère. Si j’en juge par les piges que l’ont me donne en ce moment. De toutes façons, moi, les sujets merdiques, j’adore aussi, sans aucune mauvaise foi. Bien sûr que je préfèrerais filmer et raconter un évènement vraiment important qui concerne la France entière, ce que je ferai un jour, personne n’en doute. (Vous inquiétez pas, je suis pas dans une crise de prétention prétentieuse aigue. J’ai juste adopté la thérapie de « je fais genre j’ai confiance en moi comme ça peut être qu’un jour, ce sera vraiment le cas »).

En attendant, ben, « C’est l’jeu ma pauv’ Lucette » comme dirait l’autre. Je fais toujours un truc qui s’appelle du journalisme, c’est le principal. C’est peut être pas glorieux mais l’essence du métier, celle que j’aime, est toujours là : rencontres éclectiques, contact et écriture. Ca me donne au moins l’occasion de me marrer et de boire du pinard avec Papy Mougeot. Et puis, comme ça, je peux établir une sorte de liste d’articles insolites dont on peut être sûr qu’ils sont de moi parce que je n’irai jamais inventer des machins pareils.

Mon « top of the pop » à moi ? « Le départ à la retraite du chef boucher du centre commercial de Géant Vals-près-le-Puy » (quand je vous disais que je pouvais pas l’inventer).

Ha ! Et puis aussi, en cadeau, une image qui m’accompagne depuis maintenant deux bons mois. Elle m’interpelle pour me dire : « Non, Milou, tu n’es pas une bonne à rien, regardes : le milieu est tellement bouché que quelqu’un s’est même amusé à le parodier, comme si c’était un véritable phénomène qui ne te frappes pas uniquement toi mais plein d’autres aussi». Je sais toujours pas si c’est une bonne nouvelle mais :


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Posté par milounette à 17:10 - J'raconte ma vie. - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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