Le baZar de Milou

En vrac, en lot, ou en morceau dans un sympathique capharnaüm. Faites votre choix entre les larmes, les éclats de rire, les coups de gueule, les calembours...

29 avril 2008

Dans les startings blocks.

sport2

Yen a à qui le printemps donne envie de faire du ménage. Moi, toujours pas non. Mais par contre il m’a donné envie de …attention ça va peut être te choquer, c’est pour ça j’attends un peu avant de t’annoncer la nouvelle, tu pourrais bien te chopper un torticolis …

Rattaquer le sport.

Le vrai sport je veux dire. Celui que je n’ai pas fait depuis 6 ans. Celui qui te fait tout mouillé sous les aisselles. Celui qui te refile des courbatures à n’en plus pouvoir monter les escaliers le lendemain.

Pas celui que tu crois faire en jouant à la Wii. Pas celui où tu décides un soir, miraculeusement et sans en avertir personne, de bouger ton cul de grosse feignasse et de faire une dizaine d’abdos avant de te rappeler à quel point ça fait mal et du coup, on t’y reprendra plus.

Non, là, je t’annonce que j’ai fait le grand schlem. Me suis pris un abonnement dans une salle de sport. Alors je sais JE SAIS que le coup de l’abonnement annuel pour ne finalement y aller que trois fois, je te l’ai déjà fait. Mais :

UN c’était il y a trois ans. Déjà. Et depuis, trois ans, j’ai vachement évolué, ben ouais.

DEUX, cette fois-ci j’ai pris un abonnement trimestriel. Car parmi les choses que j’ai appris sur moi en trois ans, c’est que j’ai, entre autres choses, une sorte de phobie pour l’engagement à long terme.

TROIS, j’ai également appris que je détestais la solitude. Là, j’ai assuré mes arrières avec Lui + les colocs qui se sont inscrits dans le même club.

Et QUATRE, cet abonnement-là, même trimestriel, je l’ai payé tellement cher, je peux te dire que c’est limite déjà en soi une garantie d’assiduité.

ZE salle de sport parisienne donc. 22 clubs dans la capitale. Du fit boxing, du body balance, du tai chi chuan, du nike dance workout, de l’aqua suspension et encore plein de trucs que personne comprend parce que c’est juste une succession de mots « hypes » mis bout à bout.

Bains à remous, hammam, sauna, piscine. Toutes les danses que tu veux, de la capoeira à la danse de salon. Du yoga, du cycling, du stretching. Et of course de l’abdo-fessiers.

Et dis-toi que je t’en ai même pas mis le quart là. Et je t’ai même pas dit qu’ils te filaient une serviette et une petite bouteille d’eau aromatisée au début de chaque entraînement.

La totale, j’te dis. Un véritable défi pour ceux qui, comme moi, voudrait toucher à tout. Une provocation même.

Bon mais sinon, pour l’instant, je fais pas trop la maline. Déjà, la première fois, quand je suis entrée dans le vestiaire et que j’ai constaté que tout le monde était à poil, sans complexe dans la gaieté et la bonne humeur, genre « on est tous faits pareils nom de Dieu ! », j’avoue que je me suis dit que le temps d’adaptation aux us et coutumes du club allaient peut être être un poil (hi) plus long que prévu.

C’est-à-dire que j’avais devant ma gueule une grosse rousse, nue comme un ver, qui faisait son brushing avec tout ce que ça implique comme contorsions corporelles. Pendant ce temps, moi, comme je suis pas super fan du nudisme (je tiens donc une nouvelle fois à préciser que si je kiffe partir en vacances au Cap d’Agde, c’est pour tout autres motifs), j’étais entrain de me galérer pour mettre mon maillot de bain parce que je tenais ma serviette autour de mon corps avec ma main droite et que du coup, il me restait plus qu’une seule main pour mettre ma culotte et c’était pas pratique-pratique.

Une fois pris ce premier contact avec le monde des sportifs, je pénètre dans l’antre de l’auréole sous les aisselles (et même dans le dos des fois), de la basket et du survêt’ assorti, du pff pff et du glouglou bref, j’entre dans la salle de sport à proprement dit. J’observe et analyse les différentes options de machines qui s’offrent à moi. Ecartant d’entrée de jeu le tapis de course sur lequel je pressens que je vais lamentablement me casser la gueule, ruinant ainsi l’attitude de sportive motivée que j’ai mis un mal fou à me donner, j’opte pour un truc soft qui limite à priori tout risque : le vélo. Sympa le vélo. Je discute un peu avec Lui, je pédale en rythme, me fous de la gueule des kékosses d’à côté en foutant ma serviette autour du coup, m’amuse beaucoup avec l’écran qui m’informe sur mes pulsations cardiaques, le nombre de calories perdues, la vitesse à laquelle je vais et les kilomètres parcourus, limite il me sort mon horoscope et il devine la couleur de ma culotte, le bougre. Et attends, on m’a dit que dans une autre salle, ya une mini télé sur chaque écran de vélo. Avec Canal en plus. Non, j’te dis, dans ces circonstances, je te fais le Tour de France moi.

Après, je me suis risquée à apprivoiser un appareil tout bizarre, avec des bras et des jambes, qui rigole déjà un peu moins. Celui-là, j’y suis pas restée longtemps parce que je commençais à avoir bien mal partout et je voulais pas y aller trop fort pour ma première séance.

Ensuite, j’ai fait quelques longueurs dans la piscine, j’ai observé avec l’œil plissé les roberts en marcel moulant qui peaufinaient leur gonflette en soulevant des poids plus gros qu’eux qui les rendaient tout rouges avec une grosse veine moche sur le front, j’ai eu furieusement envie de m’approcher de l’un d’eux et lui conseiller de péter un coup.

Et j’ai fini par un hammam.

Je voulais pas y aller trop fort pour ma première séance je t’ai dit.

Posté par milounette à 19:05 - J'raconte ma vie. - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 avril 2008

Madame, Monsieur,

journalisme

Quand on sait que la base d’un blog, c’est de raconter sa vie, je viens de prendre conscience que je t’ai jusqu’à présent caché un point essentiel lié à mon existence, ce qui est proprement scandaleux. Je m’en vais de ce pas combler cette grosse lacune.

Je cherche un emploi. Ben oui, mais tu vois t’étais pas au courant encore. Alors que ça va quand même faire plus ou moins un an et demi figure-toi.

Quand on sait que je commence à saigner du nez et à trembler de la jambe droite dès je reste plus d’une demie heure dans une salle d’attente, tu peux aisément comprendre que les limites des bornes de ma patience ont déjà largement été frôlées.

Alors bien sûr qu’en un an et demi, j’ai servi des bagels à Londres, et bien sûr que je serai hôtesse à la foire de Paris. Et nonon, jte jure, chui vachement fière.

Mais n’empêche. Mon vrai travail, le seul qui me fait vibrer, c’est JRI. Pour Journaliste Reporter d’Images. Tu avoueras que ça a tout de même une autre gueule.

Une trop belle gueule pour moi apparemment puisque je n’y arrive pas. Crois bien que j’ai tout essayé. De m’incruster dans les soirées mondaines jusqu’à contacter le pote du beau-frère du copain de ma cousine qui travaille dans cette chaîne de télé où je rêverais d’aller. Et je crois que si je te dis le nombre de lettres de motivations que j’ai rédigé, le nombre de mails que j’ai envoyé ajoutés à tous les coups de fils et les plans où j’y étais presque mais qui ont pourtant foirés, ça te donnerait le tournis.

Rien à faire. Les portes ne s’ouvrent pas. Même la toute petite de derrière que j’ai déjà essayé de forcer plusieurs fois.

Ce qu’ils ne savent pas, ces DRH, eux et les 500 CV qu’ils reçoivent par jour et qu’ils ne lisent évidemment pas, c’est que je ne lâcherai pas la grappe. Et c’est pas de l’entêtement bête et méchant, c’est de la détermination. Nuance. Et de la passion surtout. Un peu comme quand tu aimes encore ton ex. Et même s’il t’a jeté comme une vieille merde, tu l’aimes encore, c’est comme ça, t’y peux rien, tu l’as dans la peau, tu n’arrives pas à aimer quelqu’un d’autre tu serais prête à tout pour le récupérer, si seulement il daignait répondre à tes coups de fil. Et quand ton pote bienveillant te sort, au détour d’une bière, qu’il faut que tu tournes la page parce que ça va finir par te détruire, tu te dis qu’il n’a rien compris.

Voilà grosso merdo où j’en suis : te comparer un métier avec un ex à la con.

Mais tu vois, ya quand même un truc que j’avais encore jamais essayé : raconter ça dans mon blog et te demander si par le plus grand des hasards, tu connaîtrais pas quelqu’un qui connaît quelqu’un qui est journaliste. Ou si par le encore plus grands des hasards, tu serais pas journaliste toi-même.

Et si tu pouvais pas me donner le pti coup de pouce ou le pti coup de bol qui m’ont toujours manqué.

Je suis jeune, je suis travailleuse et je fais super bien le guacamole.

On sait jamais. Après tout, j’ai bien trouvé un appart à Londres grâce à Kir un jour.

Au moins, j’aurais essayé …

Je vous pries de croire, Madame, Monsieur, en l’expression de mes salutations distinguées.

Posté par milounette à 01:18 - J'me plains. - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 avril 2008

Un euro symbolique.

plubellelavie

Chacun sait que nous payons, ou sommes censés payer, 116 euros de redevance chaque année pour avoir le droit de regarder plus ou moins de la merde à la télévision.

Ce que les gens savent moins, et j’estime qu’ils ont le droit de savoir vu l’ampleur du scandale, c’est que sur ces 116 euros, 1 euro est systématiquement reversé à la production d’un des programmes les plus reluisants du Paysage Audiovisuel Français, j’ai nommé « Plus belle la vie ».

Alors je sais qu’en ces temps rudes pour le moral des français à cause de la baisse record du pouvoir d’achat des ménages et gnagnagna, un euro ne vaut presque plus rien aujourd’hui et que bientôt, si ça continue comme ça, on va même plus pouvoir s’acheter une baguette de pain avec ça tu vas voir.

Mais QUAND MEME. Et je dirais même plus : JUSTEMENT.

Dans ces circonstances, un euro, c’est énorme.

Comme si le portefeuille français n’était pas assez malheureux comme ça, on lui ponctionne l’équivalent d’un morpion avec lequel, si ça se trouve, il aurait pu gagner 500 euros, en lui refourguant le Dallas du pauvre et en lui faisant croire qu’avec un euro, il contribue au renouveau toujours plus audacieux de cette série qui fait la fierté du PAF, ou à payer des cours de théâtre aux pseudo-acteurs castés dans la rue avec l’espoir qu’ils améliorent un temps soit peu leur jeu, histoire que le fait qu’on prenne le téléspectateur pour un con soit moins flagrant,  ou encore que cet euro participe à rémunérer les scénaristes afin qu’ils aillent chercher de nouvelles combinaisons amoureuses jusqu’aux confins de l’indécence et qu’ils imaginent comment ils vont s’y prendre pour pondre un épisode de 20 minutes avec pour seul suspens le choix de la séance de ciné de Nathan et Sonia .

On le prend en otage, chaque jour, en access, et s’il a le malheur de s’absenter une semaine, il ne s’y retrouve plus parce que Rudy, bien sûr, n’est plus avec Ninon parce qu’elle a été accusée du meurtre de son père qui lui avait volé toutes ces économies pour ouvrir un orphelinat en Côte d’Ivoire parce que le cousin de son gendre, avec qui il s’était associé dans ce projet humanitaire, avait pompé le capital de l’association à boire des pastis au bar de Rolland pour oublier que sa femme le trompait parce qu’il bandait mou et qu’elle avait préféré partir avec un pti jeune qui s’est fait empoisonné par sa belle-mère lorsque celle-ci a appris qu’il était finalement homosexuel.

Des intrigues palpitantes, des rebondissements incroyables, des dialogues percutants. Et crois-moi, j’ai le regret de t’annoncer que, bien malheureusement, je sais à peu près de quoi je parle. Depuis que je vis en colocation, tous les soirs de 20h20 à 20h40, toute activité est stoppée nette dans son envol et si j’ai le malheur d’entrouvrir ma gueule, j’encoure éventuellement le risque de me prendre un cendrier dans le tibia parce que j’aurais empêché les colocs (dont un est, je me dois de le signaler, un mâle) d’entendre ce que Mirta à répondu à Roland quand il a essayé de l’embrasser.

Quand on m’a dit que la colocation avait ses vices cachés, je pensais qu’on me parlait plutôt de petites discordes de type « C’est kiki a payé cette facture déjà ? », « Je vous signale que c’est encore moi qui ai lavé vos poils de cul dans la douche », « Qui a mangé ma tablette de chocolat qui était pourtant rangé dans ma partie du placard où ya pourtant écrit mon nom dessus ? ». J’avais donc envisagé pas mal de trucs. Mais pas ça.

Tout sauf la honte absolue de me dire que les 1 euro de la redevance attribués à cette merde soient, dans mon foyer, largement rentabilisés.

Posté par milounette à 11:54 - J'me la ramène. - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 mars 2008

Toc toc toc toc toc toc.

delarue


En quelques sortes, ça me rassure un peu de l’avoir eu. Parce que l’embêtant avec les chaînes maintenant, c’est que tu les vois sur TOUS les blogs que tu lis, jour après jour, yen a un de plus qui a basculé, ben après, si toi on t’as pas refilé le bébé, tu te sens bien seule tout d’un coup, tu te poses des questions, personne ne m’aime ou quoi ? Je sens le pipi ? Pourquoi les gens sont méchants ? Pourquoi moi ?

Tout ça pour dire : merci Sel, grâce à toi, j’échappe à une importante remise en question qui aurait pu s’avérer très douloureuse.

Dans ce questionnaire, il est question de dévoiler des trucs vachement privés sur nous (et donc hyper intéressant), comme d’hab. En l’occurrence, ici, 6 TOC qu’on essaie tant bien que mal de cacher à la face du monde en oubliant que de toute façons, tout notre entourage les a remarqué puisqu’un TOC est par définition visible (les culottes d’Aurélia sont l’exception qui confirme la règle). Je soupçonne Jean-luc Delarue d’être à l’origine de la création de cette chaîne pour pouvoir repérer le futurs cas soc’ qui meubleront son excellente émission.

TOC 1.

Quand j’entre dans un lit bien fait, tellement tiré à quatre épingle que j’ai eu limite l’espace suffisant pour m’y glisser, j’ai déjà l’impression de plus pouvoir bouger. Donc mon premier réflexe est de tirer toutes les couvertures pour défaire le lit et ainsi créer un joyeux bordel dans lequel je me sens libre de gesticuler dans tous les sens. Et éventuellement dormir aussi. Inutile de te préciser que le sac de couchage, s’il reste vachement pratique pour faire du camping sauvage au Cap d’Agde, est carrément inenvisageable dans mon cas.

TOC 2.

Celui-là, je le conserve de mon enfance. A l’époque où je suçais mon pouce en me tripotant l’oreille. Depuis, j’ai arrêté de sucer mon pouce. J’en garde d’ailleurs un souvenir amer, tout comme le vernis qu’on me foutait sur l’ongle avant de m’endormir. Mais comme personne n’a encore eu l’idée d’inventer une astuce machiavélique anti-tripotage d’oreille, je continues allègrement de le faire. Au jour d’aujourd’hui, je suis donc très fière de t’annoncer que mon oreille gauche n’a plus de cartilage.

TOC 3.

Continuons dans la série « je ne sais pas quoi faire avec mes mains » si vous le voulez bien. Attention à la rubrique « secret de beauté de Milou ». Je me mets du gel dans les cheveux. Et le gel dans les cheveux, quand il sèche, ça fait des petits paquets dans la tignasse. Un de mes passe-temps préféré est de repérer ces petits paquets, de jouer avec eux un moment et ensuite, de les casser. Ma mère estime que ça fait limite autiste. Elle a certainement pas tort.

Pfiou. Tout ça est très intéressant. Continuons donc. Car il en reste encore trois.

TOC 4.

Quand je prends un Big Mac, je ne le mange pas immédiatement. J’ouvre d’abord le couvercle et enlève soigneusement toutes les merdes que j’y trouve. Non, je n’enlève pas TOUT l’intérieur de mon Big Mac. Juste cet espèce d’infâme cornichon et quelques oignons. Parce que trop d’oignons tue l’oignon. Des fois un peu la salade aussi. Enfin, mais j’aime bien le Big Mac quand même.

TOC 5.

Depuis que j’habite à Paris, ma face romantique cachée se réveille régulièrement devant la beauté de cette ville. Cliché parmi les clichés, j’admire profondément la Tour Eiffel. Dès que je l’aperçois, surprise elle est là au coin d’une rue, je ne peux pas m’empêcher de tendre la main et de faire un petit « oh », tu sais, comme quand tu vois un bébé animal trop mignon. En quatre ans, je m’en suis pas encore lassée. Pour peu qu’elle clignote et là, j’arrête tout ce que j’étais entrain de faire pour admirer. Je t’épargnerai l’histoire du feu d’artifice du 14 juillet au Champ de Mars.

TOC 6.

Je ne finis jamais mon yaourt. C’est une question de principe. Enfin sauf les cafés liégeois et les marrons suiss’ on est bien d’accord. En général, on repère ma présence régulière dans une baraque quand il y a un pot de yaourt entamé dans le frigo avec une cuillère plantée dedans. Mais attention TOC dans le TOC : je ne le finis pas non plus le lendemain, ni le surlendemain, ni jamais d’ailleurs. Il me fait plus envie après, tu comprends.

Tu auras sans aucun doute remarqué, cher lecteur, que nous sommes depuis le début de cet article, en plein dans la quintessence bloguesque, le fleuron du fleuron, ce pourquoi le blog existe et persiste : écrire sur un sujet à la fois drôle et pertinent pour faire réagir et créer un débat de société.

Un peu le même principe que les émissions de Delarue finalement.
Je suis fière.

Posté par milounette à 12:19 - J'blogue. - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mars 2008

On va voir les vaches ?

agriculture


Bien entendu, il a fallu que j’y aille. Tu rigoles ou quoi ? Je pouvais décemment pas passer à côté de ça. A force de voir Chirac s’y bourrer allègrement la gueule chaque année et les yeux brillant du petit parisien qui voit une vache pour la première fois de sa vie et qui réalise avec émerveillement  que non, un poisson n’est pas un truc rectangle et jaune, que c’est beaucoup plus compliqué que ça, il a fallu que je constate par moi-même.

C’est bizarre, déjà, de l’appeler Salon International de l’Agriculture. Parce qu’à mon humble avis, plus francocorico-français que ce truc, je vois pas trop.

Ah pardon. Sur le site officiel, ils disent qu’il y a aussi des stands étrangers.

Pas vu.

Une fois par an donc, le parisien prend sa petite Smart, ou la ligne 12 du métro, pour se rendre à la campagne, Porte de Versailles, où « les bouseux » comme il les appelle affectueusement, lui font prendre un grand bol d’air frais.

Il met trois plombes pour venir mais bon faut bien sortir les enfants, hein. Et il commence déjà à râler parce que ya des embouteillages et des travaux qui condamne le boulevard principal autour du parc des expo, et putain connard tu vas la bouger ta caisse avant demain matin ou pas ?

C’est dans une ambiance fort joviale et détendue, donc, que le parisien pénètre dans « la plus grande ferme de France ». Ca lui pique un peu les yeux au début. A cause de l’odeur de la bouse déjà. Mais surtout parce qu’il sait qu’il va devoir se remémorer quelque chose qui peut être douloureux pour lui et qu’il a tendance à faire exprès d’ignorer le reste du temps : la France compte 100 (pfiou, tout ça ?) départements. Oui, il existe une vie au-delà de Paris.

Bref, n’insistons pas plus lourdement sur cet aspect fâcheux du salon de l’agriculture.

Autant te dire tout de suite que, étant donné la surface du machin, t’as plutôt intérêt à te lever tôt si tu veux tout voir. Pas trop le style de ma maison. Alors j’ai sélectionné.

Les animaux, premièrement, me paraissaient être l’attraction incontournable de ce salon. Ah bah on nous rebat les oreilles chaque année avec les vaches, fallait quand même bien aller voir si elles étaient là, des fois qu’on nous aurais menti pendant tout ce temps. Et elles étaient bien là oui. Leurs bouses également. Ma chaussure (droite) (m’en parle pas) te le confirmera.

Mais sans vouloir faire celle qui a grandi à la campagne donc gnagnagna tu vois moua la nature j’ai l’habitude gnagnagna [rejette mes cheveux sur mes épaules], ça casse pas non plus trois pattes aux pauvres canards dans leur marre reconstituée. Sauf le stand des lapins, on est bien d’accord.

Et puis, citadin ou campagnard, je te mets toujours au défi de tenir plus de dix minutes aux alentours des cochons. Là aussi, tu constateras qu’on t’as pas menti et qu’effectivement, au Salon de l’Agriculture, tous tes sens sont bien bien mis en éveil, surtout celui de l’odorat là-tout-de-suite-maintenant.

Enfin, je reconnais l’intérêt pédagogique du truc pour le petit parigot qui, désormais, quand on le traitera de « tête de veau » saura au moins à quoi ça ressemble.

Passons rapidement à la partie « nature » de ce salon. Très rapidement d’ailleurs puisque je l’ai pas faite. Et venons-en au plus important, en ce qui me concerne : la bouffe.

Là-bas, on ne m’a pas accueillie en me disant de me casser pov’con mais avec un enjoué « ben t’es déjà bourrée toi ! ». Alors que j’avais même pas encore bu une seule gorgée de rouge. Je préfère toujours pas savoir comment je dois le prendre.

C’est simple : je me suis crue Astérix dans le Tour de Gaule. Tellement yavé de spécialités au mètre carré.

Ca sent l’huile d’olive, la tapenade, la lavande et le pastis. On dirait le Sud.
Vingt mètres plus loin, tu baves devant les charcuteries lyonnaises.
En tournant à droite, tu as les Landes avec le foie gras, le magret et le pti rouge qui va bien. Han, et les huîtres d’Arcachon.

En bas, la Savoie où il te prend l’envie soudaine d’une fondue eau vin blanc, juste avant de voir la Bretagne et finalement tu veux des crêpes accompagnées de cidre. Han mais attends, je vois des fleurs exotiques là-bas, j’entends du zouk et je renifle le doux fumet du rhum arrangé. Les DOM sont là aussi cette année. Et on s’y croirait.

Je te parle même pas des montagnes de pâtes d’amandes, chocolats, glaces maison et biscuit, ce serait criminel.

Et l’Auvergne … rha l’Auvergne … QUOI ? Qui rigoles là ? Ben viens, je t’attends. Viens goûter nos sauciflards, nos fromages, ces liqueurs dont ont a le secret et ZE Lentille of ZE Puy-en-velay, tu verras si t’auras pas l’effet volcan toi aussi.

Pour finir, n’oublions pas le bonus de Milou, car il a fallu que je remarque ce stand qui t’avais échappé : le « Quel Beaujolais êtes-vous ? », que je pensais éventuellement proposer en adaptation sur Face Book.

Posté par milounette à 03:12 - J'me la ramène. - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



Page suivante »

blabla

fille_ou_courge_plus_petite